© vierge noir  e

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vierge noir  e

= léo dupleix + anna gaïotti + sigolène valax

 

 

vierge noir e est une chimère musicale, un corps à 3 têtes bruitistes, qui nouent, dénouent et renouent les bobines de l’improvisation sonore. La musique s’argumente et s’abîme tant dans l’espace que dans le temps, le rien ou le surplus sont des choix performatifs ; et sur le terrain de jeu, les 3 musiciens ne s’unissent en proie à la frontalité d’un concert, mais usent les espaces qu’on leur donne.

Quels sons/t --

Sigolène Valax joue du Perséphone, un synthétiseur analogique contrôlé par un ruban, amplifié sur un ampli guitare. Ce sont des masses granuleuses, des vibrations spectrales insolentes, des chuintements, des battements sourds, des ondes en lévitation, et tant de textures à la fois terrestres et très cosmiques, qu’elle dévoile par son toucher.

Léo Dupleix, quand il ne joue des grains ou lignes saturés via maxmsp, manipule un théâtre de choses dotés de mécanismes vibratoires et tactiles, capteurs sur objets modestes : gobelets en plastiques, boîtes de conserve, ressorts, billes, tambourin… qu’il amplifie, ou pas, via haut-parleurs vibratoires nomade. Il joue et rompt avec agilité l’itération du geste ou la persistance d’un son quelconque, par le biais de contraintes temporelles, de partitions, ou déviant et amenant hors frontalité les présences : sa présence physique, celle de son jeu, celle de l’objet. Le low-tech et l’acoustique se nattent avec conscience, avec la pertinence de l’ordinaire.

Anna Gaïotti entre dans le son avec le corps et sonne par sa danse : la mobilité, la voix, le cri, le texte et l’anti-texte, et avec les objets qu’elle actionne par le geste et son jeu clownesque : grelots, claves, soundbox, sifflets… Elle jongle entre la charge acoustique et la puissance amplifiée, entre l’audible et l’inaudible, la mobilité et l’immobilité. Elle entre

C’est dans l’interaction de leurs 3 présences et de leurs corporéités singulières et propres que le son découle et écoute et se casse. Aussi vierge noir e travaille la relation ou la friction entre la discipline du mouvement musical et la mise en scène du geste sonore spatio-temporel.

La musique, qui donne à voir par sa forme performative, et rend compte d’une imbrication de strates sonores, du volume amplifié aux niveaux acoustiques spatialisé par les déplacements.

Au delà d’une mise en jeu des contingences et de leur acuité d’écoute, vierge noir e visite leur travail d’improvisation par les systèmes contraignant, imaginant des protocoles de durée et de répétition, jouant des partitions de Taku Sugimoto (entres autres), utilisant la censure physique ou la censure sonore, ou en se parlant, se dictant ou se timant in situ. Autant de tâches ou presqu’écritures qui sont des outils digérés pour mieux exploser les abandons et les regrets en live.

Dans leur réflexion sur l’improvisation et la musique improvisée, le silence apparaît comme une nécessité : il peut être considéré tel un objet musical, une sujet, une tendance, une âme partagée, un geste musical : une résistance, une insistance, un rendez-vous, un arrêt ou une note…

De même que le texte - le même texte - est donné comme un objet de clôture.

 

vierge noir e se donne en concert en s’affranchissant du contrat-concert, et préfère expérimenter les formats de live, tel des moments de travail à vif, faisant de l’espace de concert un allié pour violer la frontalité et la cohésion du « groupe de musique », ou encore en décidant d’une temporalité ou d’un style : live de 4 heures non-stop, minimalisme, rock noise…

vierge noir e cherche des espaces larges et des acoustiques atypiques, et aime performer dans des contextes pas forcément musicaux, tels que les lieux d’art dédiés à la performances et galeries.

+ LÉO DUPLEIX - maxmsp
+ ANNA GAÏOTTI - harshvoice, tapdance, bells, text
+ SIG VALAX - persephone, analogue synthesizer