© vierge noir  e

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vierge noir  e

+ LÉO DUPLEIX - maxmsp, ground noise, vibrating objects

+ SIG VALAX - persephone, deep electroghost wibes

+ ANNA GAÏOTTI - harshvoice, tapdance, bells, text

« la pieuvre prend la relève.

fond sondé dans l’ocre d’un océan,

il y avait ces sirènes dôme, pures, les écailles noires vibraient et chialaient le chant de l’encre. perdure. la seconde minute, le crâne roule décapité. l’hymne d’une sieste noire, le poème d’une pieuvre d’air.

se fond dans l’eau, le sel et la cargaison d’amants roux. étoilé de baisers de torture, les ouïes palpant l’ivresse, la palme, les cheveux de ces hommes secoués de pudeur. mangés comme quinze par la chanson constellée, écartelée, pleine à craquer.

le survivant se débat de morve sonore, de la toile de chœur, à demi-mort, la jungle lui pend les pieds, le sang descend, coule le long d’un mur, le long d’une pisse, jusqu’au pieds d’une pute qui fait face à un mur.

la pute porte un mini short en jean, un tee-shirt court blanc. elle confesse le mur susurrant l’âme lourd qui se pavane dans son cœur de lait. durcissant les orteils et les tétons quand elle entend le pas d’une masse. son cul se fait l’ardoise d’un chair molle. la tige qui veut se défenestrer dans n’importe quelle chatte ou choux.

la rue est une passion. la rue est l’abîme moire, où dansent les lucioles bleues dans le pet des ignares. les bulles ballet de l’anthracite chevaleresque, les fers et les talons claquent les peaux poissonneuses de ces scènes humaines. l’homme n’aime que les demi-hommes, ceux-là funestement dévorés de moitié, ou ceux-là engloutis dans leur tapinerie de faune et de flore dépucelée.

 

demain ils s’assomment sous la couleur d’un ciel, se pendent les narines aux plis du soleil, prennent des poudres et des liquides, se préparent pour le bal suivant, pour la liane d’une jungle insane de plénitude et de perte.

quand les carnivores dorment, les cannibales se lèvent, dépliant leur vestes, se repassent de blanc burlesque. mangent la lumière noire et le sang de néons. les néons sont la peur au bord de l’océan, au bord des profondeurs, au bord des puits. les veines sont cachées sous les baleines, le froid n’existe plus. l’errance est la respiration d’une aire de levés échouant. la nourriture vomie, les liquides gueulés dans le foie de l’amertume. les sirènes cisaillent, baillent le vert d’épreuve, le turquoise des esclaves et le noir de la couronne.

 

derrière tout cela se cache les sirènes, la pute qui se confesse au mur, les ardoises qui glissent d’un toit et décapitent un client. être dans la beauté des crevards, le corps froid qui se réchauffe sous les yeux des visiteurs. cet espace qui est la place diplomatique de l’imaginaire, personne n’a raison mais veut se dire les choses en même temps et on se tait.

 

la pause explosée de solitude. la merde bénite dans l’écriture. je me tuile aux destinations sournoises, les lits baiseurs de spleen, les murailles d’œuvre qui se fendent ;

l’écriture est souveraine, l’écriture est souterraine. l’amoureuse se suicide dans la terre des miroirs, l’amoureuse se rapide dans l’éther d’un corps noir. l’antimuse plastique n’existe pas, l’antimuse est le corps bondit d’un désir immortel.

c’est l’histoire d’une sirène qui se transforme en encre noire car il n’y avait plus de client à déconfesser du coin de pisse. elle chante muette la couleur de l’ardoise chainée à l’asphalte de nos mares.

il n’y a pas de muse.

le terrain arbitraire de nos liaisons. la volonté déchainée de se lier loin des yeux du monde. le baiser incertain et la confiance souterraine. l’explosion des œuvres d’art d’artisans de l’inutile. la vierge noire ou la verge encastrée dans la pierre de terre. la cheville peinte, le menton levé, la gorge éventrée de chant ténu. la lave me recouvre, pendant que je te lèche le gland. le sucre pervers. la colère momentanée et les douleurs masturbées dans les va-et-vient de nos tombes. je suis rouge je suis rouge. je suis des leurs, transe de labeur, tasse la sueur. mon corps froid, je danse chez eux sur les poutres d’ailleurs.

 

et comment les morts font-ils la sieste ? »

Anna Gaïotti, 12.16

Anna Gaïotti est chorégraphe danseuse, poète musicienne, basée à Paris et Bruxelles. Depuis plusieurs années, elle engage son travail de performance, son corps, sa voix et sa poésie dans une relation étroite avec la musique, seule ou en collaboration. Issue des arts visuels, elle se tourne vers la question du corps avec la mode puis la performance, qui l’amène à la danse.

L’écriture est là depuis longtemps, et charge sa création et ses dessins.

Elle créé le diptyque Rbel fter m heart et Annus en 2013 au CNDC d’Angers, puis s’allie à Katerina Andreou dans le duo Manège vs Rbel fter m heart.

En 2016 elle créé Plus de Muse Mais un Troupeau de Muets (2016) solo pour lequel elle collabore avec la guitariste Nina Garcia. La pièce chorale PALSEMBLEU avec le musicien Thibaut de Raymond se créé en avril 2018 à la Ménagerie de Verre.

Elle danse pour les chorégraphes Mark Tompkins (LE PRINTEMPS, 2015, et BAMBI un drame familial, 2017), et Phia Ménard (Saison Sèche, 2018). Depuis 2014, elle chorégraphie et performe pour les œuvres de Amélie Giacomini et Laura Sellies. Elle a également travaillé auprès de Véronique Aubouy, André S. Labarthe, Meg Stuart…

Elle a performé sur les scènes de musiques expérimentales et improvisées en France, Belgique et Japon, et fait partie du groupe Vierge noir e avec Léo Dupleix et Sigolène Valax.

Elle a co-organisé le festival Indigo Dance à PAF de 2014 à 2016, et donne des workshops.

Sa poésie est éditée chez l’Echappée Belle.

Léo Dupleix est musicien. Cables, objets, ressorts, ordinateur, enceintes vibratoires, moteurs, enregistrements de terrain, ondes sines et bruits blanc. Bêtes sons du quotidien, max msp.  Gestes, et laisser-faire. Situation de concert, tricheries de studio.  Intellectualisation et Idiotie. Amateurisme et diplôme de conservatoire. Improvisation, et composition.  Autant de modules combinables à l’infini, du domaine de la pensée comme du geste qui produit du son. En fonction des situations et  des collaborations (vierge noir e, Simon Roy Christensen, Lauri Hyvarinen, Taku Sugimoto, Seijiro Murayama, Francesco Pastacaldi…) ou pas (solo), la pratique sonore se reinvente et les briques s’agencent autrement. Plutôt que d’allier les contraires, il compose avec ce qui se trouve là et ce qu’il rapporte pour tenter de faire du UN avec le multiple et la contradiction.

Sigolène Valax est musicienne et artiste. Elle emploi différents médias électroniques et analogiques pour agencer des sonorités hybrides aux harmoniques lo-fi, timbres graves, couleurs chaudes et gestes sensoriels. Elle a étudiée la composition électroacoustique au conservatoire de Pantin, elle est titulaire d'un mastère spécialisé en création et technologie contemporaine de l’Ensci, Paris.

Désireuse d'amplifier sa relation sensorielle à la musique Noise elle s'implique dans le trio «Vierge Noir e» avec Anna Gaïotti et Léo Dupleix et place sa pratique instrumentale sous le prisme de l'improvisation via synthétiseurs analogiques et soundbox. Elle manipule les sons de ses machines pour dévoiler un processus de création tactile, à la fois rythmique et organique. Elle partage ces modes de composition musicale avec le quintet « Mesce Basse », voix et sets électroniques. Elle compose pour la Cie «Théâtre Suivant» avec l'auteur-comédien Marc Soriano, associant sa musique au texte « Un qui veut traverser ». Cette création à été diffusée au Théâtre du Rond point. D'autres compositions ont été programmées à l’Audible Festival, au Festival Longueur d’Ondes, au Festival TourneSon.

Elle développe des installations écho-sensibles et questionne le croisement entre art, science et chamanisme. Elle met en relation fréquences sonores, cycles du vivant et esprits animistes « l'arbre à rêves », « La cabane ekpyrotique » « Résurgences ». Ce travail interactif se poursuit avec la série « Onirochromes », des images numériques arrêtées dans le temps des rêves.